Informations complémentaires
Vous êtes ici :
Initiatives diplomatiques pour la résolution des conflits
La Suisse, déjà directement engagée dans les opérations de paix menées dans des régions en conflit, utilise aussi les initiatives diplomatiques pour faire progresser la politique de paix sur le plan international. En concertation avec des États qui partagent ses valeurs, au sein des Nations Unies (ONU) ou à l'extérieur, elle travaille à améliorer les instruments de promotion de la paix et des droits humains. Elle a, par exemple, lancé des initiatives diplomatiques
- pour le contrôle des armes légères et de petit calibre
- contre la violence armée et ses effets négatifs sur le développement des pays concernés
- pour le traitement du passé et contre l'impunité en période post-conflit.
L'Assemblée générale de l'ONU a adopté en décembre 2005 des dispositions contraignantes relatives au marquage et au traçage des armes légères et de petit calibre. Ce nouvel instrument est le fruit d'une initiative diplomatique de la Suisse.
- Il fixe des normes minimales, contraignantes sur le plan international, pour le marquage et l'enregistrement des armes légères et de petit calibre
- Il règle la coopération internationale entre les États, avec l'ONU, Interpol et Europol
- Il donne une définition des termes "armes légères" et "armes de petit calibre" qui, pour la première fois, est acceptable pour tous les États membres de l'ONU.
Le succès de cette initiative tient en grande partie à la coopération qui est entretenue depuis plusieurs années avec des partenaires stratégiques, en particulier avec le programme de recherche sur les armes légères ("Small Arms Survey") de l'Institut de hautes études internationales et du développement (IHEID).
Différentes études ont montré que les pays qui se trouvent dans une situation de conflit armé ou qui sont exposés à une violence armée endémique appartiennent souvent au groupe des pays les moins avancés.
En 2006, lors de la conférence ministérielle que la Suisse et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) ont organisée à Genève, 42 États ont adopté la Déclaration de Genève sur la violence armée et le développement dite "Déclaration de Genève"(DG). Cette déclaration prévoit que les États prendront des mesures concrètes d'ici à 2015 pour lutter contre les interactions négatives entre la violence armée et le développement socio-économique.
Depuis lors, les progrès ont été évalués périodiquement. Une première conférence a eu lieu en 2008, et une deuxième en 2011. Entretemps, 112 gouvernements ont promis leur soutien et signé la Déclaration de Genève sur la violence armée et le développement.
La Déclaration de Genève prévoit trois pistes d'action:
- Amener le plus grand nombre possible de pays à connaître et à reconnaître la problématique
- Mesurer et quantifier les dégâts causés par la violence armée à travers le monde
- Réaliser des projets concrets dans les pays qui sont affectés par la violence armée
Depuis l'adoption de la Déclaration de Genève, la Suisse conduit le groupe de 14 États qui travaille à la mise en oeuvre de la Déclaration par les États signataires.
Les atteintes aux droits humains et au droit international humanitaire sont fréquentes dans les conflits violents. Par "traitement du passé" on entend des mesures telles que l'élucidation minutieuse des faits, leur traitement judiciaire, l'aide aux victimes et les réformes institutionnelles. Ce travail sur le passé est indispensable en période de transition, pour que les actes de violence ne se renouvellent pas, pour que leurs auteurs ne restent pas impunis et pour qu'un processus de réconciliation sociale puisse s'engager. Pour toutes ces raisons, la Suisse a lancé une initiative diplomatique, qui a abouti à l'adoption d'une résolution sur le renforcement des droits humains et de la justice dans les processus transitionnels, en 2005, par la Commission des droits de l'homme de l'ONU, puis en 2008, par le Conseil des droits de l’homme. La résolution vise plusieurs objectifs:
- utiliser le traitement du passé pour donner plus de poids aux droits humains, à la justice et à la paix
- renforcer la lutte contre l'impunité, tâche centrale des processus de transition entre la guerre et la paix
- œuvrer à la coordination et à l'unification de l'approche de l'ONU en ce qui concerne l'état de droit et la justice dans les processus transitionnels.

