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Réfugiés et déplacés internes

Aujourd’hui, environ 200 millions de migrants se trouvent sur les routes – ce qui correspond à 3 % de la population mondiale. Parmi eux, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés comptait, à la fin de l’année 2007, 67 millions de déplacés forcés, dont 16 millions de réfugiés. Ces personnes -en majorité des femmes et des enfants- qui ont été forcées de fuir la guerre, les violences ou les catastrophes naturelles, sont extrêmement vulnérables et leur survie dépend souvent de la protection et de l’assistance internationale. Cependant, il existe une différence importante entre une personne réfugiées et une personne déplacée à l’intérieur de son propre pays.

Réfugiés


Les réfugiés sont des personnes qui pour fuir les atrocités ont trouvé refuge dans un pays tiers. Ils ont un statut juridique conféré par le droit international des réfugiés qui se base sur la Convention des réfugiés de 1951. Au cœur de cette convention se trouve le principe de non refoulement qui interdit au pays d’accueil de renvoyer les réfugiés dans leur pays d’origine où leur vie ou leur liberté est menacée. 

Au niveau des instituions internationale, c’est le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) qui prend principalement en charge les réfugiés. Il leurs offre une aide d’urgence et à plus long terme les soutient lors de leur retour dans leur pays ou pour se construire une nouvelle existence dans le pays d’accueil ou dans un pays tiers.

Déplacés internes (IDPs)


Contrairement aux réfugiés, les déplacés internes n’ont pas franchi la frontière de leur état d’origine. Ils ont donc été forcés de fuir à l’intérieur de leur propre pays. Par conséquent, ils restent citoyens de leur Etat et jouissent des mêmes droits et libertés que le reste de la population du pays. Ils n’ont pas de statut juridique spécifique et ce sont en premier lieu les gouvernements concernés et les autorités locales qui doivent les prendre en charge. Il est toutefois fréquent que ceux-ci ne puissent pas ou ne veulent pas assumer cette responsabilité. La Communauté internationale assure donc leur protection, en leur portant assistance et en développant un cadre normatif qui leur est spécifique. En 2008 environ 26 millions de personnes dans plus de 50 pays ont été touchés par le déplacement forcé en raison de conflits armés.

Les organisations humanitaires, tout particulièrement le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et le HCR, fournissent, souvent dans des conditions de sécurité précaires, l’aide d’urgence nécessaire à leur survie et garantissent leur protection.

Le manque de standards internationaux pour la protection des déplacés internes ont amené un groupe d’experts internationaux ainsi que le précédent Représentant du Secrétaire général des Nations Unies pour les droits de l’homme des personnes déplacées internes à développer un cadre de protection regroupant les normes internationales spécifiques aux IDPs: les Principes directeurs relatifs au déplacement de personnes à l’intérieur de leur propre pays. Ces 30 principes établissent les droits de protection et d’assistance des déplacés internes dans les phases de déplacement aussi bien que dans celle de retour ou de réintégration.

Le Représentant du Secrétaire général de l’ONU pour les droits de l'homme des personnes déplacées internes s’efforce, en dialoguant notamment avec les gouvernements concernés, d’améliorer la situation des personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays. Il veille aussi à ce que les principes directeurs soient mis en oeuvre dans le monde entier.

La Suisse s’engage
  • Elle accueille sur son sol des réfugiés, 22 900 réfugiés reconnus vivaient en Suisse en 2007. En 2008, 22 960 personnes ont été admises à titre provisoire. En outre, durant la même année, une procédure d’asile était en cours pour 17 170 requérants.
  • Elle intervient, par la voie diplomatique ou par des appels solennels ainsi que par un dialogue politique avec les gouvernements concernés, en faveur d’une meilleure protection des déplacés internes.
  • Elle soutient, sur les plans politique et financier, certaines organisations humanitaires, en particulier le CICR et le HCR, qui fournissent une aide humanitaire d’urgence aux déplacés internes.
  • Elle soutient le Représentant du Secrétaire général des Nations Unies pour les droits de l’homme des personnes déplacées internes dans son action en faveur des personnes déplacées.
  • Elle coopère avec des ONGs telles que le Internal Displacement Monitoring Centre (IDMC), le Norwegian Refugee Council ou encore le Projet Brookings-Berne sur le déplacement interne, actives dans le monitorage, le plaidoyer et la protection des personnes déplacés.
  • Afin d’améliorer la situation des IDPs, la Suisse est engagée aussi dans plusieurs programmes et projets au niveau bilatéral en soutenant de nombreux partenaires nationaux.